IRONMAN 2008 : OBJECTIF FRANKFURT
Ma préparation
Après mon ironman 2007, j'avais prolongé ma saison de triathlon, jusque début Août avec le 70.3 d'Anvers et une préparation marathon pour fin septembre avortée a cause de douleurs sciatiques.
Mon inscription pour Frankfurt, le 6 juillet 2008 étant validée, je me suis laissé quelques mois de repos pour me refaire une santé et un mental avant d'attaquer la préparation 2008.
Dans mon esprit, je voulais faire une préparation plus courte et surtout moins chargée en intensité, car en 2007, j'avais laissé pas mal d'énergie en courant les petits joggings régionaux et autres courses cyclos de ma belle région. Il faut dire aussi, que 2007, représentait mon retour a la compétition après plus de 10 ans d'arrêt et pas mal de kilos en trop.
J'ai donc décidé de recommencer doucement le vélo et la CAP a partir du 1 novembre 2007 et la natation a partir de début janvier 2008. Je garderais quelques courses préparatoires en CAP et en vélo, et 1 ou 2 triathlons MD comme début de saison.
Niveau natation :
Cette année, j'ai changé de club pour venir au club de Charleroi (ATCC), j'avais eu de très bons échos sur ce club et je n'ai pas été déçu. C'est pour moi, l'un des meilleurs club de Wallonie au niveau de la dynamique club. Je savais qu'il y avait un coach natation, mais rien de plus. Donc je me suis retrouvé avec un programme fait par Marc Dessoy et qui était plutôt axé sur le long, car pas mal de membres auront un IM a leur programme en 2008.
J'ai suivi le mieux que j'ai pu le programme de Marc, mais je n'ai pas été souvent nager a la piscine de Gilly car 150 km A/R pour nager 1h30 et qui plus est de 21h30 à 23h....c'est difficilement gérable et assez dure a encaisser (difficulté de s'endormir au retour). Donc j'ai fais 95% de mes entrainements natation a la piscine de Wanze. Souvent dans des créneaux horaires ouverts au public et donc avec l'obligation de faire du zigzag entre les mamys, les ados, les boudins et les ballons.....lorsque j'en avais la possibilité, j'essayais d'être a la piscine vers 15h car les écoles partent et les mamys ne sont pas encore là. Il m'ait parfois arrivé d'avoir la piscine pour moi tout seul, le panard.........
J'ai donc nager en 6 mois, l'équivalent de 180 km. J'ai bien progressé et mes chronos sur 400m NL et lors des mes 2 triathlons MD sont meilleurs qu'en 2007. J'ai souvent été dérouté par les programmes de Marc car ils sont fait de succession de petites séries. Les distances n'ont quasiment jamais dépassées les 300m, souvent 50, 100, 150, 200m etc.... et j'ai été surpris de ne pas faire d'entrainements sur des distances plus longues (400-500-800-1000m) comme je le faisais l'année avant (sans programme).
En moyenne, mes entrainements tournaient au alentour d'une heure de nage avec un total de 3000m. Souvent 2 ou 3 fois par semaine.
Niveau blessure, j'ai du un peu lever le pied a cause d'une épaule gauche un peu douloureuse a la poussée....donc j'ai nagé pendant quelques semaines sans trop forcer sur le bras gauche. Et j'ai fais pratiquement toutes mes séances depuis Février-Mars, avec un pull boy pour soulager mon genou gauche qui me faisait une petite crise d'arthrose, rien de bien méchant, elle a disparue lorsque les beaux jours sont revenus.
Pour mon IM, j'espère nager sous l'heure. C'est mon objectif perso. D'après Marc et d'après mes chronos et mes courses de prépa, je pourrais nager au alentour des 58'. Evidemment, je signe a deux mains......
J'ai acheté une nouvelle combi ZOOT bas de gamme. Je ne suis pas convaincu qu'une combi a 600 euros me ferait gagner beaucoup de temps. J'ai fais 4 ou 5 entrainements en lac et disons que j'aime pas du tout nager en eau vive. C'est vraiment a garder juste pour le jour des courses.......
Niveau vélo :
En vélo, j'ai vraiment l'impression que j'ai bien fais le métier comme ont dit.....j'ai roulé presque 7000 km depuis le début novembre 2007 avec plus de 20 sorties de plus de 100 km. Quelques sorties de plus de 4h30 et une grosse sortie de 180 km. J'ai beaucoup roulé dans les pelotons et avec un ou deux team de ma région. L'hiver a été assez dure car les conditions climatiques ne nous ont pas aidés, et les longues sorties avec des températures négatives n'ont pas eu raison de mon moral. J'ai fais la première partie de ma saison avec mon vélo de route SCOTT et au environ du mois d'Avril, je me suis monté un vrai vélo de triathlon PRORACE CRONUS. Avec toute la panoplie du parfait ironman. Cintre plat, prolongateur carbone, pédalier ROTOR, selle triathlon......et franchement je ne le regrette pas. C'est un régal d'envoyer des watts sur un vélo pareil. Mes chronos se sont envolés et sur mes 2 courses MD, mes moyennes ont frôlés les 37 km/h.
J'ai passé les premiers mois d'entrainement bien caché au fond des pelotons a tourner les jambes, ensuite au fur et a mesure de la saison, j'ai mis le nez a la porte et de plus en plus j'ai pris mes relais et j'ai participé au différentes échappées. A partir du mois de d'Avril, j'ai plus souvent roulé seul et longtemps avec pas mal de sorties > 100 km. De temps en temps, j'allais refaire un peu de lactate dans les cyclos. En Mai, j'ai participé a 2 stages triathlon (4 jours a Rouen et 7 jours chez moi) ou j'ai pu beaucoup roulé et ainsi continuer ma progression. Sur toute ma préparation, j'ai roulé en moyenne 3 fois par semaine avec plus ou moins 200 km/sem au compteur.
Pour mon IM, je suis en pleine forme et j'ai le coup de pédale facile. J'estime que c'est sur le vélo que je suis le mieux préparé pour mon IM, mais il va falloir faire attention a ne pas s'emballer.......je suis bien, je peux pousser gros et longtemps mais ce n'est pas pour cela que je vais pouvoir faire du 36 km/h de moyenne facilement sur le parcours rapide de Frankfurt. Il faut gérer cette partie vélo en anticipant le fait qu'il faut courir 42 km derrière......donc je vais devoir trouver le bon compromis entre vitesse, force et récupération.....
J'aimerais faire un temps entre 5h05 et 5h15 et poser le vélo avec des bonnes jambes et pas cramé. J'espère aussi que je n'aurais pas 20 fois des crampes dans les 50 dernières km comme l'année passée a Zurich (mais je crois aussi que cela venait de mon SCOTT pas adapté a la position triathlon).
Niveau CAP :
J'ai recommencé a courir début novembre, rien a signaler de bien précis jusque début février, ou j'ai pu faire un super 20 km au hivernales de Boifort avec un super chrono de 1h16'......la super forme a ce moment de l'année. J'avais décidé pour 2008 de ne pas courir les joggings de début de saison et donc j'ai fais pratiquement tous mes entrainements seuls dans les bois près de chez moi, pas de fartlek, pas d'intervalles, pas de piste....juste du footing a du 10-11 km/h. De temps en temps, j'allais faire des joggings mais en mode semi-cool avec mon copain geoffrey (qui commençait a courir).....donc avec une moyenne au alentour des 12-12,5 km/h. Personnellement, la CAP est le sport qui me pose le plus de soucis car je suis lourd et donc les impacts sont traumatisants pour le corps. Si je cours trop vite, je me blesse et si je cours trop longtemps, je me blesse......donc je dois trouver le bon mix entre vitesse et volume. J'arrive a courir souvent 3 fois par semaine avec des sorties entre 50' minimum et 1h30 maximum et jamais 2 jours d'affilé sinon c'est les emmerdes qui commencent. J'ai une très mauvaise circulation sanguine dans les membres inférieurs et un maximum de 50 km/sem est possible, au delà c'est accumulation d'acide lactique et des soucis en perspective.
Donc j'ai réussi a faire mes entrainements CAP convenablement jusqu'a fin Mai. Ensuite début Juin, suite a quelques "trop" grosses semaines de volume (lorsque les sorties doivent devenir plus longues), j'ai commencé a avoir mal au périos gauche....la situation s'est dégradée et j'ai du couper mes entrainements CAP a partir du début Juin. La douleur était assez vive au repos, très douloureuse a la marche et s'atténuait en courant, mais la peur d'un dégradation de la situation m'a obligé a couper les sorties CAP et a trouver des entrainements de substitution. J'ai fais quelques séances d'aquajogging et de vélo elliptique pour garder mon niveau. Pas mal de kiné, de médocs et autres glaçage......la situation est resté stable mais pas top non plus. La douleur a diminuée mais est toujours restée présente. J'avais beaucoup de crainte pour mon IM car ce petit grain de sable risquait de tout compromettre. Sur mon mois de Juin, j'ai pu courir réellement en sous-bois 4 ou 5 fois. J'ai fais 6 séances d'aquajogging et 4 séances de vélo elliptique. Une bonne perte de moral début Juin et pas mal de difficulté a finir ma prépa. Dommage pour cette périostite car elle m'aura empêché de faire mes grosses séances de volume-enchainement en fin de préparation......
Depuis le début de ma préparation, j'aurais couru plus de 1000 km. La CAP reste mon point faible et je ne crois pas que je m'entraine convenablement par rapport a mes faiblesses musculaires et circulatoires......je devrais courir moins et mieux.....j'ai trop tendance a sur-courir et a ne pas assez récupérer. En plus j'ai été en forme trop tôt, ensuite je n'ai fais que mettre de la douleur sur de la douleur. Mais bon, on ne se refait pas et j'ai toujours aimé courir vite a l'entrainement. Je n'ai jamais réussi a courir lentement et a travailler ma base de fond....
Pour mon IM, avant ma blessure de fin de prépa, j'aurais aimé courir le marathon a du 11,5 km/h soit un chrono au alentour de 3h45'. Maintenant avec la blessure, j'espère juste pouvoir tenir un rythme le plus longtemps possible et que la gène au niveau du soléaire et du mollet pendant l'effort, ne se transforme pas en grosse douleur qui m'obligerait a l'abandon.......wait and see.....
Voila, ma préparation est presque finie. Je suis très content de mon niveau a vélo et en natation, dommage pour cette blessure au mollet gauche pour la CAP.
J'ai 350 km de voiture jusqu'a Frankfurt et je partirais le samedi matin très tôt. Je loupe la pasta party du vendredi soir car mon fils est a son premier camp scout et ma femme stresse de le laisser seul trop loin de nous, donc on part le plus tard possible. De toute façon, ce n'est pas bien grave car a Zurich, j'étais là 3 jours avant la course et j'ai passé mon temps debout sur mes cannes a aller voir les stands et autres festivités et je me suis fatigué a marcher pendant des heures et des heures.....donc autant arriver le plus tard possible et le plus frais possible..
LA COURSE
YOU ARE A IRONMAN........YOU ARE A IRONMAN.......ca résonne encore dans ma tête et cette dernière ligne droite chargée d'émotion restera gravée a jamais dans ma mémoire....J'ai franchi la ligne d'arrivée avec ma fille de 3,5 ans....et c'est ce qui m'a tenu debout sur les 30 derniers km du marathon.......avec la souffrance comme compagne de route.
Mais revenons quelques jours et heures en arrière........
Les jours avant la course :
Pour finir, nous avons décidé de partir le vendredi en début de soirée pour faire une halte dans un ETAP hôtel a Coblenz......les 3/4 de la route serait déjà fait et cela permettrait d'être plus tôt sur le site de l'IRONMAN......
Nous sommes arrivé a Coblenz vers 19h....direction l'hôtel et ensuite on part en ville pour manger un bout......on gare la voiture dans un parking payant. On trouve une pizzeria et il y a pas mal d'ambiance dans la ville car c'est la fête de la musique......sur le coup de 22h, retour au parking et big catastrophe...on avait pas fait gaffe que le parking fermait a 20h30. Donc taxi pour retourner a l'hôtel....et obligé de perdre 1h le samedi matin pour récupérer la voiture.....bref, du stress inutile...la tension monte.......
Après un bon déjeuner a l'hôtel et avec la voiture récupérée....nous partons pour les 100 derniers km vers Frankfurt......je décide d'aller directement en direction du lac (situé a 12 km du site IM) pour visualiser le parc T1 et le parcours natation. Je tourne pas mal dans la région, car il n'y a aucun fléchage......1/2 h de galère a chercher et on fini par trouver le "LANGENER WALDSEE". Parking obligatoire a 1 km du lieu de départ....donc on fera un peu de marche a pied. Il s'agit d'un lac artificiel situé dans une sablière. Les bouées sont déjà là, toutes les installations sont en place et c'est tip-top. Le parc est immense et j'essaye de glaner des infos sur le chemin a suivre pour la sortie de l'eau vers le vélo......il y a déjà quelques vélos en place.....et le checking a l'air assez rigoureux. Je prend mes renseignements et avec mon dossard 2366, je dois rentrer mon vélo au parc T1 entre 18 et 19h....nickel, il est midi et j'ai toute l'après-midi pour me préparer et voir le site d'arrivée au cœur de Frankfurt.
J'ai pu croiser 2 ou 3 pros dans les allées du parc, les mecs avec des dossards en dessous de 500 arrivent en bus depuis la ville et des camions suivent avec les vélos. Organisation teutonne nickel.
Après une petite heure passée sur le site de natation, nous partons en direction du B&B de Niederrad (petite bourgade situé entre le lac et la ville). J'ai l'occasion de faire les premiers km du parcours vélo et ca roule sur des 4 voies avec un faux plat montant pendant 2-3 km et ensuite 10 km de descente sur une 4 bandes jusque Frankfurt......
Arrivée au B&B vers 14h, on prend possession de la chambre, déchargement des bagages....et on file directement sur le site d'arrivée car il faut que je fasse mon inscription. Le site est situé en plein centre ville et c'est galère pour trouver l'endroit....encore une fois, pas d'indications, pas de panneaux, rien......on tourne un peu avec le plan et la carte...on essaye de voir des vélos ou des athlètes....et on fini par trouver. J'essaye de trouver l'endroit des inscriptions....ma femme ne va pas assez vite pour moi, la tension monte, j'en ai marre de perdre du temps....bref, l'IRONMAN a commencé..... Je passe a l'inscription, 5 minutes, pas de file, plusieurs tables en fonction du n° de dossard, bref nickel.....je reçois un sac IRONMAN (plus petit que celui de Zurich et moins bien foutu...mais bon, c'est pas pour ça que je suis là)....dans le sac, toutes les explications que je regarderais a mon aise en dehors de la foule.
Ma femme a faim, la petite devient difficile, et moi j'ai envie d'aller sur les stands.......on fait un tour super rapide des stands histoire de voir a quoi ca ressemble et ensuite on se trouve un endroit pour casser la croute. Rien de bien terrible et des prix élevés......Après avoir manger, ma femme part se promener dans Frankfurt et moi je vais trainer sur les stands. On se donne rendez-vous dans 1h30 a la voiture..... Je croise un copain de club (fironman) venu en spectateur, je loupe MACCA de 3 minutes, mon copain l'a vu au début des stands et a pu prendre une photo avec......chitttttt
J'achète une casquette de CAP jaune fluo.....ma femme s'était plainte l'année passée de ne pas pouvoir me reconnaitre, donc là elle me verra arriver de loin (et cela a bien fonctionné). je fouine d'un stand a l'autre sans grand intérêt, juste faire passer le temps au plus vite.....Après 45 minutes, j'en ai marre de ces marchands et je pars dans un café près de ma voiture pour boire un verre et déballer mon sac au calme......je fais le tri entre les choses importantes et les pubs inutiles......il y a 3 sacs (un rouge, un blanc et un bleu). Je colle mon n° de dossard sur les 3 sacs et j'indique mon nom et mon n° de téléphone. Je lis les indications sur le déroulement de la course, les parcs, les entrées les sorties, les ravitos..etc.....bref, je commence a mieux comprendre le fonctionnement de l'IM. Je reçois des SMS et des appels d'encouragements des copains de club. et des amis...c'est sympa.
Ma femme arrive a l'auto et hop direction l'hôtel B&B....il est 16h et il faut que je prépare mes sacs de transition. J'aimerais partir vers 17h30 pour arriver vers 18h au lac pour le check-in du vélo. Je déballe toutes mes affaires sur mon lit et je fais le tri dans les trucs importants et ceux que je n'utiliserais pas, c'est qu'il y en a des choses a penser. Mes 3 sacs sont fait, je descend a la voiture pour préparer mon vélo et ensuite direction le lac.
On part a 17h30...mais on a laissé la carte routière a l'hôtel......pas bien grave, il suffit de prendre la route 43 et ensuite le 44....ben oui, mais sur le parcours on est vite paumé et on commence a partir dans la mauvaise direction, le fléchage est nul, on suit les flèches IRONMAN, mais il n'y en a pas a chaque carrefour, on loupe un croisement et on part sur plusieurs kilomètres dans la pampa teutonne......il est 18h30 et on est paumé....je dois être au parc avant 19h pour rentrer le vélo.......beaucoup de stress inutile, je suis au rupteur...
Après avoir demandé 3 ou 4 fois le chemin du lac...on arrive vers 18h50 au parking, il reste 1 km a faire a pied jusqu'au parc T1...je pars seul avec mes sacs et mon vélo et j'arrive au check-in a 18h58.....le parc est complet et je suis dans les derniers a poser le vélo......le check-in est rigoureux...casque, norme CE, vérification des freins, fixation des roues, tout est nickel.....je peux enfin souffler.....
On reste 1/2 heure au bord du lac et j'en profite pour visualiser convenablement le parcours natation, il y a quelques nageurs qui s'entrainent...le plan d'eau est calme, tout est en place pour la grande fête du lendemain.........
Ensuite, on quitte le lac et direction un resto pour manger un dernier plat de pâtes...il est 20h lorsqu'on arrive a Frankfurt......on cherche une pizzeria, on galère pour trouver une place, et on peut enfin s'assoir en terrasse d'un petit resto......pas de bol, le service est hyper lent....on doit attendre 20 minutes avant de passer commande et 40 minutes de plus avant d'être servi...il est 21h30 lorsqu'on commence a manger....on engloutit le repas en 1/4 d'heure (même pas bon), on paye et on se sauve car il est plus que temps de s'allonger et de se reposer....je suis dans mon lit a 22h45....extinction des feux....le réveille doit sonner dans quelques heures.............
LA COURSE
Le réveil sonne a 4h45....j'ai mal dormi car les coussins "boudin" de l'hôtel m'ont cassé la nuque......je commence a manger mon 1/2 gatosport dans le lit....c'est pas très bon, assez lourd a ingurgiter mais c'est pour la bonne cause. Ma femme se prépare et la petite dort toujours....on l'a réveillera au dernier moment.....
Je compte partir vers 5h40, passage par la salle de bain, je suis serein, pas de stress....et j'ai hâte que la journée commence......on démarre pilepoil a 5h40, direction le lac. On suit une autre voiture belge du club de SPA, on doit suivre un itinéraire de déviation, on bouchonne un peu sur les derniers kilomètres et je suis au lac vers 6h20......je laisse ma Séverine garer la voiture et je pars seul vers le parc T1, petite pause popo dans l'un des nombreux WC du lac, je suis hyper calme, a l'aise dans mon timing, je suis serein. Arrivé a T1, tout est toujours en place dans le parc, je demande une pompe pour remettre 10 bars dans mes boyaux....j'enfile ma combi, je prépare ma transition, je mets de la crème dans mon cou et je vais porter mon sac blanc avec mes affaires de change au camion prévu a cet effet.....l'ambiance est géniale dans le parc, j'adore ce moment du dernier 1/4 d'heure......je remets mes compteurs a zéro (vélo et garmin) et je revisualise ma transition et refais les gestes dans ma tête.....c'est OK, tout est en place.......
NATATION = 54'47" : Au delà de mes espérances......
Direction le départ natation, il y a déjà un monde de fou.....je me faufile dans la masse des triathlètes, je descend la rampe et je choisi le meilleur endroit pour mon départ. Le départ se fait dans l'eau, la combinaison est autorisée et l'eau est a 20° et super bonne.....une grosse partie des athlètes sont dans l'eau mais reste ou ils ont pied.....la ligne d'eau est 20m devant.....je reste aussi le plus longtemps possible les pieds au sol...je fais 2-3 aller-retour pour m'échauffer.....et quelques minutes avant le départ, je vais me mettre en place.....bizarrement, le gros du paquet reste avec les pieds au sol, donc je suis super bien placé, pas de monde autour de moi et j'attend le coup de canon.....

Feu d'artifice, tout le monde s'applaudit...ca gueule bien.....et c'est le coup de canon de la délivrance...Directement le départ donné....je suis surpris de la place que j'ai autour de moi, je suis dans l'axe de la première bouée, et je nage en souplesse, pas de baston, pas de mec qui me monte dessus, pas de grosse bagarre.....je trouve très rapidement mon rythme...je regarde de temps en temps ma trajectoire et c'est toujours nickel......les bouées de virage sont énorme et très haute, on les repère de loin et c'est parfait. Je nage super bien, j'ai de bons appuis, je suis bien dans ma combi avec les épaules bien dégagées, je pars en direction de la première grosse bouée et je remonte des gars sans arrêt......après 2 virages, il est temps de revenir vers le bord pour une sortie a l'australienne....j'ai toujours la même efficacité dans l'eau et je continue a remonter du monde.....a un moment, je jette un regard devant moi, je ne vois personne autour de moi et il y a un groupe de nageur devant moi a 30m, depuis le début de la natation, j'ai quasiment pas pris de pieds et j'ai beaucoup nagé seul......
Sortie a l'australienne sans soucis....je regarde ma montre : 30'10".. je me doute que le chrono va être bon, car sur le plan du parcours, la première partie de la natation est plus longue que la seconde....donc c'est nickel pour faire moins d'1 heure.....Je sors de l'eau, 50 m a courir sur un tapis....j'entends qu'on crie après moi et je suis surpris de voir mon pote Fabian, triathlète IM également et en période de repos prolongée...mais il va revenir c'est sur. Il est venu sur la course avec un autre pote et m'a fait la surprise...j'étais pas du tout au courant et c'est hyper sympa......je lui crie "qu'est-ce que tu fout là ??????" et je replonge dans l'eau.....je prends mon temps, je marche les premiers mètres et c'est parti pour le final natation. j'ai toujours aussi facile, je ne m'ennuie pas une seconde et je file droit sur toutes les bouées avec une efficacité redoutable.....j'ai une petite gêne a l'ischio droit sur les 200-300 derniers mètres et j'enlève un peu de battement sur la fin pour éviter la crampe.....
La grosse rampe pour remonter vers le parc passe facilement, franchement je l'ai même pas sentie, un coup d'œil sur le chrono en haut de la rampe....55', punaise la journée commence super bien.....je dois faire le tour de tout le parc car je suis dans la dernière rangée avec les dossard au dessus de 2200. Je m'essuie les pieds car il y a du sable, et je démarre mon garmin 305 sur le vélo. j'enfile les chaussures, le casque, les lunettes, je mange une barre de nougat, je range mes affaires de natation dans le bac et je pars vers la sortie du parc. C'est parti pour 180 km de vélo.........j'ai vraiment envie de rouler.

VELO = 5h05'05" : Super bien sur 120 bornes, bien sur 150 bornes et gestion sur la fin du parcours pour préparer le marathon......
Les 12 premiers kilomètres de jonction entre le lac et les 2 boucles de 84 km sont avalés assez rapidement, on roule d'abord sur une 4 bandes pendant 2 ou 3 km, sur un léger faux plat montant, ensuite c'est en faux plat descendant jusqu'au parc T2. Les pulses sont un poil trop haute et j'arrive pas a les faire redescendre sous les 150 bpm......je roule en souplesse, grand plateau et je laisse le corps se mettre en place sur le vélo....ca tire de partout, le dos fait un peu mal, les cuisses s'échauffent...la machine se mets en route.....ca va être une belle journée de vélo, la température est idéale et la pluie annoncée la veille n'est pas au rendez-vous.
Comme souvent, y'a des avions qui passent 10 km/h plus vite que moi, je laisse évidemment filer et je suis heureux de pouvoir faire ma course vélo.....je jette souvent un coup d'œil sur mon garmin, je surveille les pulses et j'essaye de rouler un maximum sans forcer sur les cuisses......je veux absolument faire un gros vélo mais sans me brûler les ailes, le parcours est roulant mais il y a quelques passages plus pentu, jamais du gros pourcentage, mais pas le truc qui se monte grand plateau en forçant, il faut gérer et je monte avec les mains sur le cintre en essayant de rester souple. Le monde est énorme sur les routes, la première partie de la boucle se fait vent de dos le plus souvent, la moyenne est supérieure a 37 km/h et j'ai pas du tout l'impression de forcer. Plusieurs passage dans les villages, beaucoup de monde , de la musique, des orchestres....bref, la grosse ambiance que l'on m'avait annoncée.....je mange mes POWERBAR préparé la veille dans ma sacoche de vélo mais ca ne passe pas super bien, j'ai du mal a digéré et je regrette d'avoir pris ces barres alors que j'ai tourné tous mes entrainements vélo au pain d'épice (j'ai changé d'avis le jour avant la course...pas bien), un morceau toutes les 20 minutes et un coup a boire toutes les 15 minutes, j'ai un bidon de boisson énergétique TRISPORT que je vide sur la première heure, ensuite j'essaierais de prendre les bidons POWERBAR mais j'ai rapidement des crampes d'estomac...donc je dilue un max le truc avec de l'eau mais c'est pas top.....sur le deuxième tour vélo, je ne prendrais quasiment plus de boisson énergétique car le ventre n'apprécie pas trop....

Le retour vers Frankfurt est un peu plus pénible et les 20-25 derniers kilomètres de la boucle se font vent de face, les pulses sont toujours un poil trop haute mais je prend beaucoup de plaisir sur le vélo. Le premier tour de 84 km est bouclé avec une moyenne de 36.5 km/h en 2h17 ....le drafting est quasiment nul et inexistant....mais il faut dire qu'a ce moment de la course je suis 135 ième....donc évidemment on est moins nombreux. Je roule avec un groupe de 5 ou 6 gars et on respecte bien les distances. Je discute avec un Français (dossard 2522) et il me dit qu'on a un super tempo......oui, ok, mais ça ne veut pas dire grand chose car pour le même prix, on roule trop vite sans trop s'en rendre compte.....
Le passage dans "heartbreak Hill" est énorme.....les gens sont là par centaines...ca gueule dans les oreilles, on est porté et j'ai eu plusieurs bouffées d'émotion avec les yeux mouillés....c'est génial....on est au tour de France dans l'alpe d'huez.....Ensuite c'est le retour vers le centre ville, c'est le passage que j'ai le moins aimé du parcours, vent de face qui commence a se lever de plus en plus......va falloir faire gaffe au deuxième tour...j'ai un petit coup de moins bien moralement et je commence a sentir le poids des kilomètres.
Passage devant la ligne d'arrivée et c'est parti pour les 84 derniers kilomètres. Je retombe avec le vent favorable et le moral remonte de 2 crans....ca roule a nouveau super bien, je suis toujours avec les 5-6 mêmes gars......je laisse un peu file le groupe car j'ai besoin de gérer mon deuxième tour......je ne veux pas me laisser entrainer dans un mauvais rythme et je trouve que mes pulses sont toujours 4-5 bpm trop hautes......
Je fais la première partie de la boucle a mon aise, le vent a légèrement tourné et je vais moins vite qu'au premier tour. Pas de soucis, je voulais faire entre 5h05 et 5h15....et je suis sur des bases de 4h55. Je profite de rouler le plus souvent sur la rajoute pour maintenir une bonne vitesse et je garde ma moyenne au alentour des 36 km/h jusqu'au km 150, je sais que je perdrais du temps dans les 20 derniers kilomètres car j'ai décidé de ralentir un peux pour commencer ma récup en vue du marathon, je passe moins de temps sur la rajoute et je repasse "heartbreak Hill" et le faux plat qui suit (et qui fait assez mal) sur le petit plateau.....au dessus de la bosse, je me laisse descendre en direction du centre ville, le 2 ième retour avec le vent de face qui a bien forcit a fait un peu plus mal que prévu et je n'ai pas autant récupéré que ce que j'aurais voulu...
Je ne suis pas cramé, j'ai super bien roulé mais les organismes sont bien fatigués...normal, 180 km a plus de 35 km/h de moyenne ca laisse des traces......niveau alimentation, j'ai un peu merdé ma course.....j'ai plus manger de POWERBAR depuis le KM120, ca ne descend pas bien et j'ai tourné uniquement a l'eau....1 bidon tous les ravitaillements.....
La descente vers la ville se passe en mode "récup"....j'enlève ma montre TIMEX que je mets dans ma poche arrière car j'ai l'intention de courir avec le garmin qui se trouve sur le vélo.....je regarde mon compteur qui indique 5h00....il reste quelques kilomètres.....je sais que je ferais un super temps vélo....mais le plus dure va commencer.
J'arrive dans les 500 derniers mètres, j'enlève le garmin du cintre, j'enlève mes pieds des chaussures....un bénévole me prend mon vélo, et on m'indique la direction de la tente pour la transition......il y a 100m a courir entre la rentrée du parc et la tente pour se changer, je fais des petits pas pour laisser le temps a mon organisme d'accepter le changement de position....entre les 2, il y a les rangements avec les sac rouge pour la CAP.....même pas le temps de chercher après mon sac, qu'un bénévole me le tend....2366 RUN, c'est bien ca !!!!! nickel l'organisation......
CAP = 4h41'28" : Paaaaasssssss bieeennnnnnnn...........mon dieu que c'est pénible et frustrant de courir comme une merde.....
Transition correcte sous la tente prévue a cet effet, un banc pour s'assoir et un bénévole qui vous aide, vide votre sac, range votre affaire de vélo, c'est parfait, merci a lui. Un coup de REFLEX SPRAY sur le mollet et le soléaire gauche, J'enfile mes chaussons BOOSTER, je change de paire de bas, je mets mes chaussures de CAP, ma casquette jaune fluo sur la tête....et c'est parti pour le marathon. Directement après la sortie de la tente, j'entend que l'on crie mon prénom.....je cherche du regard et je vois mon fan club, un petit coucou.....merci a eux pour leurs encouragements......
Le parcours est composé de 4 tours de 10,5 km + la finish line de 200 m vers la ligne d'arrivée. Comme souvent sur ce genre de course, il faut prendre chaque tour comme une individualité.....un tour de fait et on se concentre sur le suivant. Je ne connais pas du tout le parcours, je ne l'ai pas reconnu, je verrais au fur et a mesure.
Mon objectif premier est de courir mon marathon a du 11 km/h le plus longtemps possible pour un temps final entre 3h45 et 4h. J'ai réglé mon GARMIN sur cette moyenne et j'essaye de suivre ce tempo. Les premiers kilomètres se passent super bien, je suis au alentour des 11,5 km/h de moyenne, en complète gestion, je pourrais courir un peu plus vite, mais je m'interdis de le faire. Je suis déjà beaucoup mieux qu'a Zurich ou je marchais après 1 km. Vers le KM 7, j'essaye de prendre une gorgée de coca au ravito...mais 100m plus loin je dois marcher car j'ai l'estomac qui se tord, c'est super douloureux, je marche 20m et je repars......même erreur au ravito suivant, nouvelle crampe, c'est bon maintenant je zappe le coca car ca ne passe pas. Je tourne a l'eau et 2-3 éponges sur la tête....l'eau est très froide et ca fait du bien. Je boucle mon premier tour en 56 minutes.....tutto va bene.......je suis quand même surpris par le grand nombre d'athlètes qui courent plus vite que moi, je suis dans mon allure IM avec un bon petit rythme et je n'arrête pas de me faire doubler sans dépasser personne....soit c'est un gros niveau en CAP, soit ils vont se brûler les ailes....
Le deuxième tour commence, le public est énorme, ca gueule encore plus qu'a vélo et je suis trop dans ma course que pour vraiment l'apprécier.....arrivé au km 13, j'ai un gros coup de moins bien avant la petite rampe pour monter sur le pont, le mollet fait mal, le soléaire commence a être douloureux, j'ai mal partout et je dois marcher. Ma blessure du mois de Juin est toujours présente et il me reste 30 km a courir. Le moral en prend un coup et je n'ai pas le courage ou la lucidité pour passer au dessus de cet obstacle, je suis en train de m'éteindre.....rétrospectivement, je pense que mon mental a flanché d'abord et le physique en a profité pour suivre......c'est a ce moment qu'il faut être plus fort et ne pas accepter de baisser les bras. A partir de ce moment, la douleur au mollet est resté présente voir même plus forte....j'ai du continuer mon 2 ième tour en marchant-boitant-courant.....mes 2 potes venu m'encourager, m'ont motivé a continuer la course (sans eux, je bâchais le truc).....dans ma tête, j'avais juste envie que ce 2 ième tour se finisse et que je puisse abandonner. Mais au fond de moi-même, je voulais passer la ligne d'arrivée avec ma fille de 3,5 ans, en plus pas mal de gens suivaient ma course sur le net et je ne voulais pas les décevoir. J'ai du marcher plus de 30 fois sur ce tour, le moral au 10 ième sous-sol et des douleurs a en pleurer......Mes copains me lâchent vers le KM 20 (il m'auront tenu debout pendant 4 ou 5 km) , il reste 1 km avant d'arrivée au départ du 3 ième tour. Je passe le petit pont, descente de l'autre coté et retour vers le parc. Au moment ou j'arrive a hauteur du parc, je n'ai même pas penser 1 seconde a abandonner.....pour moi, moi 2 ième tour et toutes ces emmerdes est fini et je commence une nouvelle course sur le tour 3.
Au début du 3 ième tour, j'ai un bien meilleur moral et comme par magie, les jambes sont mieux, les douleurs sont parties et j'arrive a nouveau a courir. Ce qui me conforte dans l'idée que le mental conditionne le physique. Je m'en souviendrais pour mon 3 ième IM en 2009......
Le fait également de voir des gens arriver en vélo, et de commencer a courir avec d'autres personnes dans la souffrance et qui courent a la même vitesse que moi, ma fait remonter mon moral de 0,2% et ca a été suffisant pour relancer la mécanique. Je ferais mes 10,5 km pratiquement sans m'arrêter....une petite moyenne de 10 km/h mais c'est mieux que rien, mes potes sont toujours là sur la rive en face de l'arrivée et ils continuent a m'encourager.....je marcherais encore quelques fois (a chaque ravito) et Fabian m'oblige a boire de la boisson énergétique coupée avec beaucoup d'eau....manger un max de truc et me refaire une santé....je boucle ce 3 ième tour en 1h05, c'est beaucoup mieux que les 1h22 du tour 2. Passage sur le pont avant l'arrivée, je vois firoman et je lui fais part de mon piètre état....il me crie "C'est toi qui as payé pour être là, personne t'as obligé a venir...." heuuuu merci firo !!!...sur le moment, j'ai trouvé la remarque un peu dure....mais il a raison.....
Le tour 4 sera "hélas" moins bon également, mais je suis super loin physiquement, le mental est bon mais je dois lutter contre un début d'hypoglycémie....je suis cuit et il faut continuer a courir. J'avance plus, je stagne a du 7-8 km/h, je marche, je bois, je mange, je redémarre, les genoux ne se lèvent plus.....le moral est bon car je sais que j'irai au bout du truc....faut juste mettre une pied devant l'autre. Les copains font encore quelques centaines de mètres avec moi et il me laisse finir ma boucle pour aller rapidement sur la ligne d'arrivée. Je passe chercher mon 4 ième anneau (le blanc je crois ?) et il me reste 3 km pour finir....je passe le pont, le bruit du speaker devient plus fort, j'arrive a courir un peu plus vite....il reste 1 km et j'ai envie de pleurer.....beaucoup, beaucoup de souffrance mélangée a de la déception pour le chrono et a de la fierté d'être allé plus loin que l'horizon. J'ai continué pour finir avec ma fille (qui soit-dit en passant ne voulais pas courir avec moi, mais ma femme a négocié une glace et elle a bien voulu). Il reste quelques centaines de mètres, on quitte la berge et c'est les 200 derniers mètres sur le tapis rouge.....la foule est énorme, y'a un boucan d'enfer, je cherche ma femme, je laisse passer un gars qui veux sprinter. Je la vois avec ma fille dans les bras, elle me la passe et on court ensemble jusqu'a la finish line....je lui demande de sourire pour la photo finale car elle est un peu effrayée par cette foule.....il reste 3m et je gueule un bon coup, le poing fermé et heureux d'en finir. Je passe la ligne, et je relâche la pression....les larmes arrivent naturellement et je reste prostré et accroupi sur une barrière. Le corps médical s'en tracasse et m'embarque vers les tentes médicales, ma femme récupère la petite, mes potes sont tous là et on vécu ma finish line improbable 30 km plus tôt.....je demande une perfusion glucosée car j'ai mal la tête et ca tourne un peu (rien a voir avec Zurich ou j'étais a 7 de tension).
25 minutes plus tard, je suis sur mes guibolles. Je suis dans la zone réservée aux athlètes et je passe par la tente buffet. j'essaye de manger mais rien ne passe, je pars rechercher mon sac blanc avec mes affaires de change. Passage par les douches (putain que c'est bon........) Je vais chercher mon diplôme et mon t-shirt FINISHER 2008. J'essaye de boire une bière, mais la bière allemande est dégueulasse.....je sors de la zone "athlète" et c'est les retrouvailles avec la familia et les potos......
Débriefing rapide, analyses, explications et impressions sur cette journée de fou....je jure que plus jamais je n'irai aussi loin et que les IM c'est fini pour moi.....mais a l'heure d'écrire ces lignes, j'ai déjà jeté un œil sur le calendrier 2009.....avec 2-3 jours de recul, on n'oublie vite les mauvais moments, on a envie de faire mieux et on ne garde que le meilleur...et quel meilleur !!!!!!!

Il est 19h, mes potes ont encore une longue route a faire pour retourner en Belgique, ils sont sur la brèche depuis 2h du matin et bien fatigué et ils bossent le lendemain. Donc il me laisse avec ma femme et ma fille. Un ENORME MERCI a eux tous, car sans eux et leurs encouragements et conseils, j'aurais bâché au milieu du 2 ième tour. Je retourne dans la zone "athlète" pour me faire une grosse assiette de fruit (melon, pastèque, pomme, banane, raisins), je prend 2 gobelets de coca et je ressors pour aller manger au calme avec ma famille.
On quitte le site d'arrivée pour récupérer mon vélo et mes sacs de transition rouge et bleu. Organisation nickel encore une fois, on a un carton nominatif a présenter a l'entrée du parc, passage par la tente des sacs, ils sont rangés par n°, ensuite aller chercher le vélo (rangé par n° aussi) et on peux sortir sur présentation du carton. 10 minutes et on est dehors....direction la voiture......dans la précipitation de la journée, ma femme ne se rappelle plus dans quel parking elle a mis l'auto, on passera 1h30 (de bien longues minutes) a tourner en rond dans Frankfurt avant de tomber sur le bon parking...oufffff.....je suis mort, un peu énervé....la vrai vie a recommencée.......:))))
....VIDEO DE MON IRONMAN....
DEBRIEFING
Avec quelques jours de recul, je suis super content de mon expérience sur l'IM de Frankfurt. J'ai fais une grosse natation, un super vélo...j'étais potentiellement qualifiable pour WAWAIIII après le vélo : 16 ième de caté M40-44 a T2 en posant en 6h07 (bon ca veut rien dire du tout, mais c'est quand même bon pour le moral). Le marathon est et restera mon maillon faible, je peux m'améliorer et le courir sous les 4h, mais il va falloir que je change ma manière de m'entrainer.
Deuxième analyse : j'ai lâché mentalement au début du 2 ième tour. Petit coup de moins bien, et les douleurs sont apparues, au 3 ième tour j'ai retrouvé du moral et les douleurs ont disparues....ce qui prouve que quand tu lâches l'affaire, tout est bon pour te convaincre a toi-même qu'il vaut mieux arrêter....en réalité, c'est a ce moment là, qu'il faut être fort mentalement et passer ce cap.
L'IM de Frankfurt est un super IRONMAN, partie natation géniale, le parcours passe vite, l'eau est bonne, le parc T1 facile. Le vélo est roulant sans être facile, ca monte et ca descend tout le temps, un monde de fou, le vent est un élément important et qui peu usé les organismes si il est mal placé. Du fait du système de boucle, y'a toujours un moment ou on l'a dans le pif. La CAP est toute plate, 2 montées de 50m sur des ponts mais rien de bien méchant. Le plus dure, c'est la monotonie de la longue ligne droite de 4 km sur la rive opposé a l'arrivée. Si t'es bien, ca peut te servir pour tenir un tempo et c'est un bonus, si t'es mal, c'est interminable et ca n'avance pas.....
L'organisation teutonne est sans faille, je n'ai pas participé a la pasta du vendredi, ni au banquet des "awards" lundi....mais le reste était nickel. Petit bémol pour le fléchage du lac vers le site d'arrivée et inversement, pas évident a trouver, ni l'un, ni l'autre, jamais évident d'avoir 2 parcs T1 et T2 a des endroits différents....
Merci de m'avoir lu, sorry mais je suis un grand bavard devant mon PC. J'espère que ce CR pourra vous servir si vous aller a Frankfurt dans le futur....@+
REMERCIEMENTS
Je tiens d'abord remercier ma compagne Séverine....qui m'autorise a assouvir ma passion. Un énorme merci a elle.....
Mes enfants, qui même si ils sont encore en bas âge, se demandent ce que j'ai comme métier....coureur cycliste, marathonien ou nageur professionnel ????
Fabian, Jeoffrey et Natacha pour leur soutien avant, pendant et après l'épreuve......
Tous les gens qui ont fait des entrainements natation, vélo ou cap avec moi pendant ma préparation.
Mon coach natation : marc Dessoy. Des programmes qui fonctionnent (7 minutes de mieux qu'a Zurich 2007)
Le club ATCC de Charleroi et tous ces membres. Un bon club dynamique avec une saine émulation et un bon esprit.