CLEARWATER 2008 : FINALE 70.3 SERIE

 

DIAPORAMA CLEARWATER 2008

 

CLEARWATER : 8 novembre 2008, départ vague 13 : 7h45
 
Presque une semaine que je suis à Clearwater (depuis le dimanche 2 novembre) avec le groupe des français et des belges,
on est venu avec HANNES France. Le voyage aller a été très facile, juste des complications a la douane de Washington,ou
les documents a remplirent ne sont pas clairs et les fédérés ne sont pas très sympas…..donc pour beaucoup, c’est faire la
file, se faire engueuler au guichet et retour dans la file après correction…….les photos sont interdites dans l'espace
"douane" de l'aéroport. J'en ferai les frais avec un rappel a l'ordre musclé et un vidage de carte mémoire immédiat.....
 
 
 
 
Clearwater est une super petite station balnéaire…..en pleine expansion démographique, ca construit de partout……
d’ailleurs les ouvriers commencent leur journée souvent de bonne heure, sur le coup des 5h30, les bétonnières
commencent a tourner, et les grues a bouger……donc pas évident de rester tard au lit…..en plus, tous les matins à 5h30,
y’a l’ouvrier communal préposé au nettoyage des trottoirs qui passe avec son canon d’air pour enlever le sable soufflé
pendant la nuit……c’est nickel après son passage, mais ca fait un bruit de dingue et tous les hôtels de la rue sont réveillés.
A partir de 6h, ca roule et ca cours de partout…..y’a déjà pas mal de concurrents qui font leur footing matinal ou qui
partent rouler lorsque le soleil est encore couché……perso, j’ai été faire mes 2 sorties footing a 6h du mat aussi,
c’est sympa, il ne fait pas encore trop chaud et on peut voir le soleil se lever……
 
 
 
 
 
On est logé dans 2 hôtels l’un a coté de l’autre, et situé a 300m du village départ, 
Le RED ROOF Hotel: http://www.redroof.com/reservations/inn_details.asp?innNumber=582
Le TRAVELODGE Hotel http://www.travelodge.com/Travelodge/control/advanced_search?variant=
 
 
 
C’est facile et pas trop de tracasserie et de long trajet pour aller aux inscriptions et autres stands. Le village 70.3 a
démarré le mercredi, avant cela, c’était encore assez calme, beaucoup de sportifs mais souvent des gens du
groupe HANNES. A partir du mercredi, la densité a augmenté et le stress de la compétition aussi. Tout se mets
en place, les lignes d’eau sont placées, le village des stands ouvre, le check-in commence…..
c’est parti pour le championnat du Monde 70.3……
 
J’ai essayé de ne pas trop en faire à l’entrainement, HANNES avait prévu des entrainements « groupe »,
et donc tous les matins a 7h30, c’était entrainement natation en mer, il y a eu 1 sortie vélo de 2h en peloton,
et une sortie CAP ou j’ai préféré aller courir seul un autre jour…..
 
Donc niveau sport, j’ai fait 2 séances de vélo (2h peloton et 1h moulinette), 2 séances de natation en mer de
30 minutes et 2 séances de CAP (1h endurance et 25 minutes footing). Bref, nickel niveau sport. Les séances natation
sont faites transversalement par rapport a la plage et non pas sur le site de la course. L’eau est faiblement salée,
beaucoup moins qu’en méditerranée et c’est quand même plus agréable de boire la tasse……il y a des piquets tous les
150m et les entrainements se font en groupe et de piquet en piquet…..je nage souple et juste pour prendre mes
repères en mer. Ma seconde séance de natation a été faite le jeudi matin et le site de course était ouvert au public,
les bouées étaient en place, donc j’en ai profité pour me faire les 1900m du parcours. Départ calme sur la première ligne
droite et retour un peu plus rythmé. Impossible de voir les bouées sur le retour à cause du soleil pilepoil dans l’axe du
retour…..donc je me fixe un grand building dans l’axe de l’arrivée et je l’utilise comme point de repère. C’est nickel
et j’arrive juste sur l’air d’arrivée. Un petit coup d’œil sur ma montre et j’ai nagé en 30’, de bonne augure pour la course.
 
   
 
 
 
  Les jours se passent entre petits entrainements, déjeuner-diner-souper, ballade, etc.…..
 Le mercredi midi, HANNES avait prévu un voyage en bateau dans la baie (prévu dans le prix de voyage) et l’on s’est
retrouvé tous les francophones ensemble, j’ai fait la connaissance d’un groupe de corse bien sympa, la bouffe sur le
bateau était excellente. C’était sympa de se retrouver tous ensemble et de faire connaissance….il y a Dominique HERZET,
un belge de mon coin qui s’est expatrié en Corse il y a 7 ans pour faire de la gestion de chambre d’hôtes du coté d’Ajaccio.
Il y a aussi Dominique BENASSI, un handisport 8 fois champion du monde (et 9 fois maintenant car il a gagné sa caté a
Clearwater), il est super sympa et nous a tous bien fait marrer. Il ne se prend pas trop la tête. La ballade en bateau consiste
en un simple aller-retour dans la baie pour voir les grosses propriétés des stars et juste avoir le temps de manger….pour
les stars, rien à battre, heureusement que la bouffe était excellente, la meilleur de tout mon séjour.
 
   
 
 
Après cette petite excursion, je suis repassé par les stands sur le village 70.3, le stand IRONMAN est ouvert et j’ai fait
quelques achats d’impulsion comme on dit....Pas trop de shops et des prix corrects. Y’a une grosse tente tenue par des
polonais et dedans, il y a tout ce qu’il faut pour le triathlète. Les ZIPP ne sont pas trop cher (850 dollars la paire de
404 d’exposition). Je me prends une paire de bas de compression CEP car je venais spécialement sur le stand pour ca,
directement achetée, je les mets au pied et je sens tout de suite qu’elles font du bien. Debout sur mes cannes
depuis le matin, j’en avais bien besoin…….
 
     
 
 
 
 
Ensuite il est temps de passer par le check-in, contrôle de la licence, explication diverses, test du chip, et remise
des cadeaux, cette année c’est un T-shirt pour la course de CLEARWATER, une casquette IRONMAN, un petit sac TYR
et une paire lunette IRONMAN. Les explications sont claires, beaucoup de bénévoles, une organisation sans faille…..c'est
un vrai plaisir. C'est fluide, pas de stress et tous les bénévoles sont souriants et décontractés. Je parle mal anglais, et
j'ai droit a un bénévole qui parle le français.....génial.
 
 
 
 
Le Jeudi, j’en ai profité pour louer une voiture et sortir un peu de l’ambiance IRONMAN, j’ai été à 80 km
de Clearwater, dans le petit village d’Ellenton. Hannes nous avait donné cette adresse, car il y a un grand
OUTLET center (http://www.primeoutlets.com/cntrdefault.asp?cntrid=1019) avec plus de 200 magasins de tous
genre et avec des très bons prix…..j’y reste 2 bonnes heures et la VISA a bien fumé, j’ai tous les cadeaux pour
la famille, je me suis fait plaisir aussi…..Je me ballade en voiture, l’Amérique c’est quand même grandiose, des
grandes lignes droites, de la bonne musique, je suis tombé sur une station radio géniale avec rien que des classics
hits américains (http://1073theeagle.com/) et y’a pas a dire….ca le fait grave d’écouter du Springsteen ou du
led zeppelin a fond sur les longues lignes droites….j’ai kiffé et je serai resté des heures a rouler comme ca…..
 
   
  
  
 
  
 
 
Retour a l’appartement, je me change, une bonne douche et direction la pasta party.
C’est sur la plage a 2 km de l’hôtel, y’a beaucoup de vent mais bon, on est en Floride et c’est quand même génial.
La pasta est bonne, pas trop de monde et un énorme podium pour la cérémonie d’ouverture…..système de péage
pour les buffets, on va s’asseoir, écouter l’hymne américain, salut au drapeau, tout le monde debout et
tout le toutim a la gloire de l’oncle sam…..very too much……….
 
  
 
 
 Le vendredi matin, j’arrive plus à dormir à 5h du mat et je décide d’aller courir mon petit footing matinal.
Je démarre par 20 minutes super cool sur la plage, un bon 10 km/h tranquille, il fait beau, la journée va être chaude
et je me sens bien, j’ai les bas CEP sur les mollets et c’est nickel, je ne sens pratiquement plus ma gène au mollet droit
qui m’avait bien embêtée pendant ma préparation. Je compte terminer mon footing par 3 ou 4 accélérations……
1, 2, 3 accélérations de 10 secondes….all it’s OK…….une petite dernière pour sortir de la plage et directement je sens
une petite gène derrière la cuisse droite. Je stoppe et je rentre à la chambre, une bonne douche et j’ai de plus en plus
mal à l’ischio droit. Je comprends assez vite, que j’ai eu soit un petit claquage, soit une petite contracture.
 
Je suis anéanti, la petite gène s’est transformée en bonne douleur. Je cherche Gaël de chez HANNES pour lui demandé
de me trouver un médecin, mais il n’y en a pas dans le groupe. Il me conseille de faire beaucoup de glaçage pendant
la journée. Je vide 10 kg de glaçons dans la baignoire de la chambre (les glaçons sont a disposition gratuitement dans les
hôtels, il suffit de se servir). Et je me fais des petites séances assis dans la baignoire….2-3 minutes de temps en temps.
Je croise Dominique HERZET (très bon marathonien et coureur a pied), qui lui me conseille plutôt de mettre du chaud
sur ma blessure, donc je pars acheter une cuissière dans une pharmacie et de la pommade chauffante. Je suis au
100ième sous-sol, pour moi, la course est terminée, au revoir la performance…..je préviens ma famille par e-mail de ma
situation et donc qu’il ne faut pas trop espérer quoi que ce soit pour moi le lendemain………
 
 J’ai pris avec moi des patchs de VOLTAREN, je m’en mets un sur l’ischio pour la nuit et je m’endors vers 21h super dégouté.
Juste envie que cette course soit finie, reprendre l’avion et rentrer chez moi.
 
Au réveil, le VOLTAREN a fait un peu effet, j’ai un peu moins mal que la veille. Je mets ma cuissière, qui en fait est une
genouillère remontée très haut (j’ai rien trouvé d’autre). Il est 5h30 du mat, je rejoins Dominique et nous allons ensemble
vers le départ pour faire un dernier contrôle du vélo (que j’avais mis la veille au parc vélo). Gonflage des pneus, vérification
du vélo, et direction la zone de départ. Je vois dans le parc, de l’agitation, des caméras, des projecteurs…..c’est la famille
HOYT qui est dans le parc. Ils font la course…..pour ceux qui ne savent pas qui sont les HOYT, je vous invite à voir
la vidéo ci dessous, pour comprendre le courage de ce père pour son fils…..c’est hyper connu dans le petit monde du
triathlon, mais c’est un sacré bonhomme…..j’en profite pour aller le saluer et faire 2-3 photos…..
 
http://fr.youtube.com/watch?v=GRHxHapwirw
 
Franchement a regarder a chaque fois qu’on a un coup de moins bien…..ca vous rebooste pour pas mal de temps…. 
   
     
 
  
 
 
Après le check du vélo et le marquage, nous allons sur la plage pour voir partir les groupes d’âges avant nous, les pros sont
déjà dans le box de départ (ils partent les premiers). Ensuite c’est les handisports et puis les GA toutes les 5 min. Je suis dans
la vague 13, les M40-44 de L à Z pour le nom, on est 83 dans ma vague, c’est de bonne augure pour un départ sans baston.
Les vagues de mes copains belges partent bien avant la mienne….sauf pour les M18-24 qui partent les derniers a 8h…
 
La course va pouvoir commencer, je suis zen, j’ai plus de pression depuis ma blessure, je suis juste content d’être là,
sans stress, je veux juste passer une journée a faire du sport le plus longtemps possible, ma cuisse ne fait pas trop mal,
le bandage compressif fait du bien, j’ai une gène mais sans plus…..
 
  
 
 
 
LA COURSE 
 
NATATION
 
Comme demandé par l’organisation, je suis dans mon box de départ 20 minutes avant mon START. Je suis zen, et je
regarde les autres vagues démarrer leur course. Mon copain Dominique est dans la vague juste avant la mienne. Ca va être à
nous dans quelques minutes, je me place sur la ligne de départ le plus a droite possible pour être dans l’alignement des bouées.
Décompte final, coup de feu et c’est parti…..je cours 20m pour être dans l’eau, ensuite je plonge comme un dauphin plusieurs
ois pour essayer d’avancer le plus vite possible dans la grande profondeur….après 2 ou 3 sauts, je peux enfin nager,
pas de baston, je suis directement a ma place, j’ai un peu du mal a nager fort directement, donc je ne me tracasse pas trop
et je laisse 50-100m pour que la mécanique s’échauffe. Je peux voir rapidement que je suis dans le groupe de tête de ma
vague, je dois être 6 ou 7 ième……les écarts ne bougeront pas beaucoup pendant la course, devant ca nage trop vite et
je reste dans un petit groupe de 2 ou 3 gars.
 
Plus on avance vers le large et plus il y a des vagues, au moment de tourner a la première bouée, les vagues font des
creux de 30-40 cm et ce n’est pas évident de bien nager. Je tourne à la seconde bouée et direction le retour vers la plage.
800m a fond, j’ai mon point de repère avec le building et je commence à remonter les derniers de la vague précédente…
je nage bien, je sens que ca glisse et j’ai pas mal ma cuisse. Je suis au coude a coude avec un autre compétiteur de ma vague,
on fera une grande partie de la dernière ligne droite côte à côte……même tempo, même vitesse, super bien, on tournaient les
bras ensemble. Je double pas mal de monde, zigzag entre les plus lents,  il reste 250m, J’ai décidé de mettre plus de
jambes sur le final pour échauffer un maximum ma cuisse, j’en profite pour lâcher mon compagnon de nage et je m’arrête
de nager lorsque ma main touche le fond, car j’ai oublié de vous dire que l’eau de CLEARWATER est super opaque et on y voit
pas ses pieds dans 20 cm d’eau, un comble……un petit coup sur mon chrono lorsque je suis debout : 27’08, je suis quand
même content car c’est pas évident de nager en mer. Un petit 100m sur la plage pour rejoindre le parc a vélo,
des bénévoles nous attendent a l’entrée du parc pour nous enlever nos combinaisons, on se couche a terre, et ils tirent
sur la combi pour enlever les jambes. Passage sur le tapis magnétique pour la prise de temps natation : 27’56……
 
 
 
TRANSITION NATATION - VELO 
 
Je cours vers mes sacs de transition (préparés la veille également) et je saisi le bleu avec mes affaires vélo, mon casque et
mes lunettes, j’ai eu la mauvaise idée de mettre mes chaussures directement sur le vélo et ce n’était pas une bonne idée.
Un bénévole prend ma combi et s’occupe de la remettre dans le sac bleu, avec mes lunettes et mon bonnet. Je cours vers
mon vélo, j’avais repéré son emplacement. J’enclenche mon GARMIN, mais ca merdouille et il se met en défaut, je perds
5-10 secondes à l’éteindre et le rallumer, je n’ai pas compris pourquoi, mais c’est toujours le genre de truc improbable qui
t’arrive quand tu n’en a pas besoin…Je cours vers la sortie du parc, le vélo va pouvoir commencer et je serai vite fixé sur l’état de
ma cuisse : temps T1 : 2’57
 
 
VELO
 
Je saute sur le vélo, j’essaye d’enfiler la première chaussure, ca marche pas et je perds du temps, j’avance pratiquement plus
et je décide rapidement de descendre du vélo et de bouger mes chaussures du vélo, je les enfile en 10" à terre et c’est parti,
j’ai perdu de précieuses secondes a cause d’un détail de course négligé, c’est souvent comme ça, et ça s’appelle l’expérience.
 
Je roule plus ou moins 10 miles seul, y’a des compétiteurs partout mais souvent des vagues précédentes, soit des M40-44
partis 5 minutes avant moi, soit des femmes, soit des GA plus vieux…..je passe la plaque 10 miles et je suis a plus de
38 km/h de moyenne, je commence a revenir sur des bikers plus rapide et je constate vite que le no-drafting n’est pas du
tout respecté. J’avais été prévenu par un copain liégeois que la course vélo était pourrie, et je comprends assez vite que
ca ne changera pas pour 2008. Les gars que je remonte se tape dans ma roue…..un, deux, trois et ainsi de suite, aux 20 miles,
j’ai beau gueuler a tout va et essayer de mettre des mines et de repartir seul, c’est super pourri et les groupes se sont formés,
 et ca revient a chaque fois. Les routes sont très étroites et comme il n’y a pas l’ombre d’un arbitre, les compétiteurs s’en
donnent a cœur joie…..J’ai compris que la course vélo va se transformer en CLM par équipe…et je ne me trompe pas, après
30 miles, le groupe a encore grossi pour atteindre les 30-40 gars, y’a même des femmes. Donc 2 options, soit je me fais crever
a essayer de sortir seul (voir a deux ou 3) soit je me cale derrière avec les allemands et les espagnols et j’attends l’arrivée
au parc. Je prends la première option, je sors dans la seul petite bosse du parcours (300m de faux plat montant),
je pars avec 2 gars et on tape des relais pendant 5-6 km, il n’y a que cette solution pour lâcher un peloton…..on a réussi a
sortir du petit train et on roule fort, je me retourne et on a pris 300m. J’ai absolument pas pensé a ma cuisse, mais elle
commence a bien tirer quand même…..on continue à faire notre part de boulot, mais le troisième larron est cuit, il ne passe plus
…. donc on essaye de maintenir le rythme, mais notre escapade est reprise et n’aura duré que quelques kilomètres…..on se fait
reprendre aux 40 miles, je me tape derrière et ca ne parle que allemand….et ca les fait bien marrer.
 
Je reste quelques minutes pour me refaire la fraise et je n’ai pas envie de cautionner ce genre de course
d’attente, donc je repars vers l’avant du groupe et je reste dans les 3-4 premiers……en remontant le groupe, je reçois
les félicitations des autres concurrents, style « bien essayé grand »….bande de trou du …..
Y’a même des gonzesses les mains en haut du guidon.
 
En plus ils sont cons tout ces mecs, tant qu’a rouler en peloton, autant le faire franchement et taper tous des relais a
50 km/h, au moins ca servira a quelques chose…..car ici c’est plutôt 4-5 gars qui font 90% du boulot et donc ca avance
a du 40 km/h de moyenne, mais c’est rien d’extraordinaire….quand on roule dans les vrais pelotons lors des courses vélo,
ca peut rouler a du 42-43 km/h de moyenne sur des parcours hyper roulant….là au moins ca sert a quelques chose.
Mais non, ici personne ne veut en faire de trop car les bons coureurs à pied se préservent pour la suite. Moi perso, je m’en
fous de la CAP, déjà qu’a la base ce n’est pas mon point fort et en plus y’a 1 chance sur 2 que mon ischio claque, donc autant
bien s’amuser a vélo. Il reste 3 km, le pont de Clearwater a passé, je remets une dernière attaque au pied du pont et personne
ne vient avec moi, je suis dans la descente du pont et le groupe a explosé…..bande de naze, ils ne savent même pas monter
un pont un peu vite……j’arrive au parc avec 90,14 km au garmin et 2H17 de course…..un peu moins de 40 km/h de moyenne
sur 90 bornes. Je suis un bon rouleur mais évidemment incapable de rouler a cette moyenne seul…..que cela soit bien clair.
J’estime mon avantage a + ou - 1 km/h de moyenne, mais pour d’autres plus malin, c’est 2 voir 3 km/h de gagné, c’est ainsi….
 
 
 
TRANSITION VELO -CAP
 
 Je rentre au parc avec une poignée de secondes, histoire d’avoir ma fierté avec moi. Je cours vers mon sac rouge, je rentre
dans la tente, je perds un peu de temps à enfiler mes chaussettes de compression (enlever le chip, mettre les chaussettes
avec les jambes mouillées, remettre le chip, etc.). J’enfile ma casquette, je mets mes « coup de fouet » dans ma poche, je
saute dans les baskets…..Et c’est parti…..je cours vers la sortie du parc. La cuisse ne fait pas trop mal……allez on continue
à y croire….T2 en 3’14, c'est pas terrible comme transition.
 
 
COURSE A PIED
 
2 tours de 10,5 km à faire…..super plat, mais avec un pont de 1km à passer. Dans le sens de l’aller c’est assez dure car
la pente est longue et la descente courte….dans le sens du retour, c’est plus simple…. 
 
Pour arriver au pont il y a une ligne droite de presque 2 miles, je prends mon rythme de croisière, ni trop vite, ni trop
lentement. Je ne regarde plus ma montre depuis Frankfurt et donc je ne veux pas savoir si je cours vite et a quelle vitesse,
je me fait doubler par des croquettes de 60 kg et je remonte aussi pas mal de monde. Le premier passage sur le pont est
fait en gestion complète, j’ai la boule derrière la cuisse, ca tire quand je monte, donc calmos……la descente n’est pas mieux
et je suis obligé d’être en freinage pour ne pas aller trop vite…..ensuite c’est un long circuit dans la ville, souvent a l’ombre et
toujours tout plat. Y’a un turning point, j’aimerai aller un chouilla plus vite, mais ma cuisse me rappelle a l’ordre…et comme je
suis hyper content d’être toujours là, je m’auto-raisonne et je gère ma blessure. Re-passage sur le pont dans le sens du retour,
 HANNES est au sommet, il fait des photos a tout va de ces protégés, il est génial et il court a côté de moi pour m’encourager.
 
A la fin du premier tour, je rattrape un gars de mon club parti 20 minutes avant moi, je l’encourage à ne pas lâcher l’affaire
car il va peut-être prendre un petit coup au moral (je ne connais pas ses ambitions sur la course). Je boucle mon premier tour
et je jette un œil sur ma montre : 45’30   whaiioooou…..franchement hyper content, je visais un chrono de 1h30 en forme
et là, avec ma blessure et le fait que je pourrai courir un peu plus vite, je suis a 30 secondes de mon objectif…..j’entame
 le second tour et la machine tourne toujours bien, pas trop vite mais ca tient…..j’arrive au pont et j’ai un gros coup de moins
bien, la montée du pont est hyper longue, il fait super chaud (30-32 degrés) et j’avance vraiment plus, HANNES est mon
 point de repère et je ne veux pas marcher…..je suis a du 5-6 km/h….j’attend le sommet du pont.
 
La descente est aussi difficile car là, j’ai une méga grosse crampe d’estomac. Je tourne à l’eau + un coup de fouet a chaque
ravito (tous les miles). La crampe est super douloureuse et elle me plie en 2 pendant quelques secondes, je marche, hyper
ventile et ca part, je recommence et courir et le gars de mon club me tape dans le dos et me prend 20m.
 
 Je me rebooste et je retrouve assez vite mon petit rythme. Je le garde en point de mire et il me sert de motivation.
Je veux revenir sur lui et ca mettra 5-6 minutes…..je le passe un peu avant le turning point et c’est aussi a ce moment
 que mon copain corso-belge Dominique me passe aussi, bon là c’est autre chose car il est parti pour faire 1h26 sur
ses 21 km et donc je ne compte pas courir avec lui…..je sors de la ville et il reste le pont a franchir + la dernière ligne
droite vers l’arrivée…..je passe le pont sans trop de difficulté dans ce sens….je m’encourage a haute voix sur toute la ligne
droite du retour…..ca fait toujours bizarre pour les autres concurrents mais moi, c’est mon truc pour me booster….et a
chaque fois, ca marche plutôt bien…..retour vers la plage, il reste 200m et la dernière ligne d’arrivée….y’a pas mal de
monde qui encouragent, je suis plutôt isolé et pas de gars avec moi, il reste quelques mètres et je savoure, le chrono
affiche 4h26, dans ma tête je me dis que je n’ai pas fait mieux qu’a Anvers pour la qualif (4h25’35), mais rapidement c’est
la joie de finir cette course qui l’emporte…..24h plus tôt je boitais et j’avais perdu toute espoir de finir …..donc c’est le point
rageur que je passe la ligne…..ces quelques secondes de pur bonheur passent vraiment trop vite….c’est énorme comme
sensation et on voudrait qu’elle dure encore.….
 
 Temps CAP : 1h35’23
 
 
 Je passe la ligne, je rejoins Dominique, je suis persuadé qu’il m’a battu, mais non, il est parti 5 minutes plus tôt
dans la vague précédente et donc au final, il est un peu derrière moi….mais bon, c’est sans intérêt entre lui et moi….
 Je suis bien cassé de partout, comme un miracle qui se termine, la cuisse fait de plus en plus mal et je reboite a mort
….j’ai mal partout et j’ai des crampes d’estomac toutes les 2-3 minutes….on restent prostrés 15 minutes dans le sas d’arrivée,
on boit, on mange et on refait la course…..Dominique est également dégouté par la partie vélo, mais pour lui 4 semaines
après HAWAII et des problèmes de santé le jours de la course, le 70.3 de Clearwater servait juste a se faire plaisir à pied
…..peu importe le chrono et la place finale….
 
Donc voilà, le miracle a eu lieu, je n’ai pas d’explication pour ma cuisse….ca a tenu le temps de la course,
enfin ca n’a pas lâché plus….Je suis quand même content de ma journée. Niveau CAP, je pense que j’ai
perdu 3-4 minutes à cause de ma blessure. J’avais des très bonnes jambes et une très bonne condition physique dans les
 3 sports….aussi bonne, si pas meilleure qu’a Anvers. J’ai su garder la motivation et le fight pendant le mois de
septembre et octobre pour préparer cette course. Dommage pour le drafting et la blessure….mais quand même très
heureux d’avoir été a mon niveau en cette fin de saison. Après analyse des classements, on constate quand même que la
course de Clearwater à bien sourit aux très bons coureurs à pied qui savent aussi bien nager. La gars qui finit 20 secondes
devant moi a Anvers et a qui je mettais presque 3 minutes a vélo….fini dans mon groupe a vélo après avoir nagé comme
 moi, ensuite il court en 1h25 pour finir avec 10 minutes d’avance sur moi et 5ième de la caté….. 
 
Au final, je termine en 4h26’45 et je suis 204ième scratch (hors pro) et 28ième sur 150 en M40-44. Avec 4 minutes de
moins en CAP, je pouvais entrer dans le TOP15 de la caté…..mais bon avec des si, je pouvais aussi ne pas finir la course….. 
 
CLEARWATER est une course 70.3 avec drafting, je dirais même que c’est pire que du drafting, c’est carrément de la course
cycliste avec relais organisé, pas vu un arbitre de la journée, rien, nada, que dalle…..c’est inadmissible et évidemment la
 course est complètement faussée…surtout pour des gars comme moi, bon nageur, bon rouleur et moins bon coureur à pied,
mais c’est ainsi, ca reste une course difficile quand même ou le principal reste quand même d’exploiter son propre potentiel
 a son maximum et fleureter avec SES limites, les autres n’ont qu’a se regarder dans la glace et se poser les bonnes questions…..
 
Honnêtement, je m’en fous complètement que la course soit faussée à vélo, en réalité c’est vrai quelle est faussée,
mais c’est quand même les meilleurs qui gagnent, et la différence de classement des athlètes se joue sur quelques places,
un gars qui fait 45ième de caté sur sa qualif ne sera pas 5ième a Clearwater, et si je prend mon cas, sans blessure, je pouvais
 jouer au alentour du TOP15-20 et sans drafting quelques places de mieux, et j’y retournerai volontiers, c’était une belle
expérience sportive ou j’ai pris beaucoup de plaisir et a notre niveau de sportif amateur passionné, c’est bien le principal…..
 
Merci de m’avoir lu et a l’année prochaine peut-ête…..car maintenant la saison 2008 est finie…..
place a la récup, à la famille et a la détente……
 
 
 
Un article de presse sympa paru dans le journal "La Meuse" du 19 novembre 2008.
 
 
 
 
 

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